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LA FIEVRE A VIRUS WEST NILE
http://www.pasteur.fr/actu/presse/documentation/westnile.html
MAJ mars 2005
RAPPEL

La dengue
http://www.esculape.com/fmc2/dengue.html
http://medecinetropicale.free.fr/cours/arboviroses.htm
http://www.pasteur.fr/recherche/banques/CRORA/

Paludisme
Le diagnostic doit être systématiquement évoqué essentiellement en cas de voyage récent en zone impaludée.
La Réunion n'est pas à l'abri d'un retour de cette maladie...



Le virus West Nile est transmis à l'homme par les moustiques, il est responsable d'une fièvre brutale parfois aggravée de pathologies telles des encéphalites, et pouvant être mortelle. Il s'est récemment illustré en émergeant pour la première fois sur le continent américain, lors d'une épidémie survenue à New-York en 1999 (62 cas dont 7 décès). Il s'est ensuite considérablement répandu aux Etats-Unis, touchant plus de 9000 personnes dans 44 états en 2003 dont 2866 cas d'encéphalites et 264 décès. Dans ce même pays, en 2004, il a infecté 2470 personnes et provoqué 88 décès. Le virus avait précédemment été trouvé dans diverses régions du globe, en Afrique, au Moyen-Orient, en Inde, et en Europe.

Selon le Dr Gaüzer, Chef de service de Réanimation polyvalente au Centre Hospitalier Départemental de Saint-Denis, . des sérologies positives ont été retrouvées chez des réunionnais, témoignant du passage inaperçu de cette maladie dans l'île et donc de son retour possible. (www.chikungunya.net FAQ)

Transmission et symptômes chez l'homme

Si le virus West Nile infecte l'homme principalement par piqûre d'un moustique vecteur, des cas de transmission par transfusion sanguine et lors de transplantations d'organes ont été relatés.

L'infection par le virus West Nile se caractérise
  • par la survenue brutale d'une fièvre importante après 3 à 6 jours d'incubation.
  • Cette fièvre est accompagnée de maux de tête et de dos, de douleurs musculaires, d'une toux, d'un gonflement des ganglions du cou
  • souvent d'une éruption cutanée,
  • des nausées, des douleurs abdominales, des diarrhées
  • des symptômes respiratoires.
Dans moins de 15% des cas, des complications surviennent : méningites, encéphalites, et rarement hépatite, pancréatite ou myocardite. Généralement, le malade récupère spontanément, parfois avec séquelles. Mais la maladie peut s'avérer fatale chez des personnes âgées, et parfois chez de jeunes enfants.

Epidémiologie

Le virus West-Nile est un flavivirus* proche du virus de l'encéphalite japonaise. Son nom vient du district de West Nile en Ouganda, où il a été isolé pour la première fois en 1937 chez une femme souffrant d'une forte fièvre. Il a ensuite été détecté chez des hommes, des oiseaux et des moustiques en Egypte au début des années 50, et a depuis été retrouvé chez l'homme ou l'animal dans de divers pays. Aujourd'hui considéré comme le plus répandu des flavivirus* après le virus de la dengue, il touche l'homme de façon sporadique ou épidémique. Des cas humains de fièvre à virus West Nile ont été rapportés en Afrique, au Moyen-Orient, en Inde, en Europe, et plus récemment sur le continent américain, où une première épidémie s'est déclarée dans la ville de New York, Etats-Unis, en 1999.

Des épidémies limitées ont eu lieu aux Etats-Unis les deux années suivantes, et c'est en 2002 que le virus s'est considérablement répandu, touchant 4156 personnes dans 44 états, et faisant 284 décès. En 2003, les Etats-Unis recensaient plus de 9000 cas et 264 décès. C'est la plus grande épidémie de fièvre à virus West Nile jamais répertoriée. L'année 2003 avait également été marquée par l'apparition d'infections par le virus West Nile au Mexique (591 cas au 10 décembre 2003).Un léger fléchissement marque l'année 2004, avec 2470 infections humaines et 88 décès aux Etats-Unis.

Des centaines de cas de fièvre à virus West Nile ont été décrits auparavant chez l'homme en Israël et en Afrique du Sud. La plus importante épidémie en Afrique a touché 3000 personnes dans la province du Cap en 1974, à la suite de pluies abondantes. D'autres cas ou épidémies chez l'homme ont été observés en Algérie, Azerbaïdjan, Egypte, Ethiopie, Inde, Madagascar, Maroc, Nigeria, Pakistan, République Centrafricaine, République démocratique du Congo, Sénégal, Soudan, Tunisie et dans quelques pays d'Europe.

En France, des cas d'infection sont apparus chez des chevaux en Camargue en 2000, et 7 cas humains ont été recensés en 2003 dans le Var. Toujours en Europe, une importante épidémie a eu lieu en Roumanie en 1996-97, à Bucarest : plus de 500 personnes furent infectées avec une mortalité de 10%. En juillet 2004, deux cas humains étaient rapportés dans le sud du Portugal.

* Parmi les flavivirus du complexe antigénique de l'encéphalite japonaise, outre le virus West Nile, on trouve notamment les virus de l'encéphalite de St-Louis et de la Murray Valley, le virus Kunjin ou le virus Usutu. Ces virus sont transmis par des moustiques et provoquent pour la plupart des fièvres parfois mortelles.

Ecologie : un cycle moustiques/oiseaux

Les moustiques sont les principaux vecteurs du virus West Nile, principalement ceux du genre Culex. Tous les facteurs favorisant la pullulation des moustiques vecteurs (pluies abondantes, irrigation, températures plus élevées que la normale…) sont susceptibles d'augmenter l'incidence de la fièvre à virus West-Nile dans les régions où ce virus circule.

Le virus a également été occasionnellement isolé d'autres arthropodes, comme les tiques. Les hôtes principaux du virus sont les oiseaux, qu'ils soient sauvages ou domestiques (canards, pigeons…). Ils jouent un rôle crucial dans la dissémination du virus. Les oiseaux migrateurs permettent notamment le passage du virus West Nile de l'Afrique aux zones tempérées d'Europe et d'Asie au printemps. Là, les moustiques présents s'infectent lors de repas de sang sur ces oiseaux et perpétuent localement le cycle moustiques/oiseaux, nécessaire à la circulation du virus. Les mammifères quant à eux sont considérés comme des hôtes accidentels du virus (bétail, chiens, chats, chevaux, hommes…).
Depuis 1998-1999, en Israël puis aux Etats-Unis une mortalité liée à l'infection par le virus West Nile est observée chez certaines espèces d'oiseaux dont les corbeaux.

A l'Institut Pasteur

Le Centre National de Référence des Arbovirus, situé à Lyon et dirigé par Hervé Zeller, est chargé de la surveillance épidémiologioque de ce virus, parmi d'autres, en France. Il est également Centre Collaborateur de l'Organisation Mondiale de la Santé. Plusieurs unités de recherche sur le campus parisien sont par ailleurs impliquées dans des recherches sur le virus West Nile. Depuis 2000, l'unité Interactions Moléculaires Flavivirus-Hôtes (responsable : Philippe Desprès) coordonne les études sur les facteurs viraux et de l'hôte qui contribuent à la virulence du virus West Nile. Les travaux ont permis la mise au point d'une part de tests diagnostiques de l'infection virale et d'autre part, de candidats-vaccins contre la maladie en collaboration avec les équipes de recherche dirigées par Pierre Charneau (Groupe à 5 ans de Virologie Moléculaire et de Vectorologie) et Frédéric Tangy (unité des Virus Lents). Un candidat-vaccin mis au point par les équipes de Frédéric Tangy et de Philippe Desprès a récemment été testé avec succès chez la souris (voir notre communiqué du 6 janvier 2005).

MAJ mars 2005
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