CHIKUNGUNYA et IBUPROFENE
Il faut raison garder !!!
Dr H. Raybaud
Une nouvelle fois la presse - peut être en manque de nouveauté - vient de semer le doute au détriment de dizaines voire de centaines d'enfants
affectés par le virus chikungunya.
Il n'est pas question ici de nier l'accident immuno-allergique survenu avec l'ibuprofène mais de préciser que ce phénomène est trés rare et qu'il aurait pu également survenir si la fièvre avait été d'une autre origine (grippe, rhinopharyngite par exemple ) et que toutes les études que nous avons sur ce médicament confirment sa trés faible toxicité.
En mars et juin 2004, deux méta-analyses (analyse critique extrêmement rigoureuse permettant de regrouper et départager les études cliniques) ont comparé les effets chez l'enfant du paracétamol et de l'ibuprofène, l'une a repris uniquement les effets sur la fièvre , l'autre les effets sur la fièvre et la douleur : il en ressort qu'il n'y a pas de différence entre le paracétamol et l'ibuprofène concernant la toxicité, les effets antalgiques mais que les effets sur la fièvre sont meilleurs avec l'ibuprofène.
Déjà, en 2004, un article alarmiste sur l’utilisation de l’ibuprofène chez l’enfant était dans un journal grand public, laissant planer de fortes suspicions d’effets indésirables. Une telle médiatisation, que certains professionnels avaient alors qualifié d’« exagérée et fondée sur des contre-vérités », avait eu de fortes répercussions dans le milieu médical et avait provoqué la panique chez de nombreux parents.
En effet, cette affirmation était loin d’être partagée par l’ensemble du corps médical. L’ibuprofène fait partie des cinq anti-inflammatoires non stéroïdiens ayant démontré leur efficacité et leur sécurité dans le traitement de la fièvre et/ou de la douleur chez l’enfant de moins de 15 ans..
A ce jour, il n’existe qu’une seule contre-indication, soulignée le 15 juillet dernier par l’AFSSAPS (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) dans un avis recommandant de ne pas utiliser d’ibuprofène en cas de varicelle ou de suspicion de varicelle, en raison du risque rare mais grave de complications infectieuses, notamment cutanées.
Ainsi, hormis les cas de complications chez les enfants atteints de varicelle, il n’y a pas de preuve formelle de la nocivité de l’ibuprofène. Le journal « Le quotidien du médecin », rappelle dans son article sur ce sujet que « la littérature internationale a fourni depuis plus de dix ans des données particulièrement solides sur la sécurité d’utilisation de l’ibuprofène ». Notamment, nombre d’études comparant les effets du paracétamol et de l’ibuprofène ne constatent aucune différence entre les deux médicaments en ce qui concerne la toxicité et les effets antalgiques.
« Actuellement, la forme pédiatrique de l’ibuprofène est disponible dans plus de 20 pays. Aux Etats-Unis, 15 millions d’enfants en moyenne sont traités chaque année depuis quinze ans par ce produit et aucun avis négatif des commissions de pharmacovigilance n’a jamais été émis. »
NEANMOINS...
En cas de fièvre de l'enfant, le paracétamol (DOLIPRANE °, EFFERALGAN °, etc...) demeure le médicament de première intention d'autant plus que l'enfant refuse souvent toute alimentation et que l'ibuprofène est un anti-inflammatoire.
Il faut noter que
- La posologie du paracétamol est de 60 mg/kg par 24 heures soit 15 mg/kg toutes les 6 heures ou encore pour les formes suspensions pédiatriques, une dose poids toute les 6 heures
- La première prise peut être "double" en cas de forte température c'est à dire qu'un enfant de 10 kg pourra bénéficier lors de la première prise d'une dose "20 kg" ou encore 30 mg/kg
- Les prise suivantes (dose-poids ou 15 mg/kg) doivent être donnée toutes les 6 heures
En cas d'insuffisance de résultat, l'ibuprofène peut être utilisé en horaire intermédiaire c'est à dire entre deux prises de paracétamol.
EN CONCLUSION
Il nous parait toujours étonnant qu'un journal puisse engager sa responsabilité avec des premières pages aussi racoleuses alors que, dans le monde, plusieurs millions d'enfants bénéficient, chaque année, des effets antalgiques et antipyrétiques de cette molécule. A notre connaissance, aucun organisme national surveillant les effets indésirables des médicaments n'a émis d'avis contre l'utilisation de l'ibuprofène chez l'enfant.
Reste que la vigilance est de mise quelque soit le médicament prescrit et que les professionnels de santé sont invités à signaler des effets inhabituels, indésirables, etc... à l'adresse suivante [wbm-odm@odmreunion.net]
POST SCRIPTUM
Nous remercions notre confrère généraliste interrogé par une chaine de télévision d'avoir en quelques mots ramené le phénomène à sa juste valeur et nous l'espérons rassuré une bonne partie des téléspectateurs.
POUR EN SAVOIR PLUSs
Bébé martyr (JIR - Clicanoo.com)
Ibuprofène
Information ou désinformation médiatique (esculape.com)
Ibuprofène : une rumeur fébrile
(esculape.com)
pediadol.canal55.com
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IBUPROFENE : PRECAUTIONS D'EMPLOI (Source MEDIQUICK 5.0 par ESCULAPE PRO)
- Usage exclusif chez les plus de 6 mois (forme suspension
buvable), chez les plus de 15 ans (comprimés).
- Au préalable, diagnostiquer et traiter une infection en cas de
risques et une maladie à risque infectieux puis surveiller
l'évolution (risque de diminution des défenses naturelles, les
signes infectieux risquent d'être masqués).
- En début de cure, contrôler la fonction rénale et la diurèse en
cas d'insuffisance cardiaque, de cirrhose, de néphropathies
chroniques, de traitement diurétique associé, d'hypovolémie
post-opératoire.
- Surveiller l'apparition de manifestations digestives, surtout
en cas de traitement anticoagulant associé, d'antécédents
d'hernie hiatale, d'hémorragies, d'ulcère...(risques de graves
troubles gastro-intestinaux, de manifestations hématologiques).
- En cas de survenue d'hémorragie digestive, arrêter la cure.
- En cas de survenue de troubles visuels, effectuer un contrôle
ophtalmologique complet.
- En cas de cure prolongée, contrôler les fonctions rénale et
hépatique puis la NFS.
- Déconseiller fortement l'association avec un autre AINS, le
lithium, le méthotrexate, la ticlopidine, les sulfamides
hypoglycémiants.
- MANIPULATEURS DE MACHINE ET CONDUCTEURS DE VEHICULE:
étourdissements possibles.
- Pour la suspension buvable: - TENEUR EN SORBITOL: 70mg par ml.
- TENEUR EN SACCHAROSE: 3,3g par ml.
- PRESENCE DE COLORANT ROUGE COCHENILLE A.
EFFETS INDESIRABLES (Source MEDIQUICK 5.0 par ESCULAPE PRO)
Sévères:
- Survenue possible de: hématémèse, melaena, ulcération peptique nécessitant l'arrêt du traitement.
- Atteintes rénales avec occasionnellement insuffisance rénale
aiguë ou chronique, oligurie.
- Réactions d'hypersensibilité: dermatologiques (rash cutané,
prurit, oedème); respiratoires (survenue possible de crise
d'asthme, chez les sujets allergiques à l'aspirine ou à
d'autres AINS).
- Rares: méningite aseptique à l'ibuprofène, liée à un lupus ou
à une connectivite.
- Exceptionnels: agranulocytose, anémie hémolytique.
Symptomatiques:
- Nausées, vomissements, épigastralgies, troubles dyspeptiques,
troubles du transit.
- Exceptionnellement, des cas de céphalées et de vertiges ont
été rapportés.
- Quelques rares cas de troubles de la vue ont été observés.
- Occasionnels: élévation de la pression artérielle.
- Très rares: dépression, somnolence.
Autres:
- Exceptionnels: élévation transitoire des transaminases
sériques.