Accueil Moteurs de recherche Contact Infos juridiques Infos administratives Infos médicales Questions fréquentes Infos FMC Annonces Page précédente
Mésusages d’alcool : le repérage par les généralistes


RPIB : quatre lettres pour mobiliser les généralistes face à l’alcoolisation excessive. Le « Repérage précoce et l’intervention brève » se généralise en France. Zoom sur l’initiative menée en Gironde.

En France, 30 % des personnes qui consultent en médecine de ville ont une consommation excessive d’alcool1.

Pourtant, ce problème peine à s’imposer au cours des consultations. En cause, « une relative méconnaissance des alcoolisations excessives, une certaine réticence à utiliser des outils de repérage et une culture professionnelle construite sur la base d’un référentiel clinique de soin et non de prévention 2. »

Pour lutter contre ce grave problème de santé publique, une stratégie de promotion du RPIB a été mise en place par les pouvoirs publics en 2006. Son principe : inciter les généralistes à aborder la question de l’alcoolisation avec leurs patients et mettre à leur disposition des outils pour les aider à dépister les comportements à risques. Plusieurs régions ont déjà expérimenté le RPIB, dont l’Aquitaine 3.

En Gironde, l’expérimentation a été portée par le réseau de lutte contre les addictions Agir 33. Elle a duré quinze mois, douze pour le premier repérage (RPIB) et trois pour un second repérage éventuel. 86 médecins y ont participé, soit environ la moitié des médecins contactés, dont 34 généralistes du Médoc et 52 médecins de la communauté urbaine de Bordeaux, déjà membres du réseau. Des outils de repérage ont été mis à la disposition des praticiens, notamment les questionnaires Audit et FACE.
Des soirées de formation pour présenter le RPIB ont été organisées, par groupes de 10 à 15, tandis qu’une soirée « échanges et partages » a réuni l’ensemble des médecins à mi-parcours, afin de connaître les difficultés. Une rémunération de 1 100 euros par médecin était également prévue pour l’ensemble du projet.

De leur côté, les usagers ont été sensibilisés à la démarche via des affiches, des messages audiovisuels et écrits dans la presse locale. « Au final, un patient repéré sur cinq était en mésusage, et près de la moitié des patients à risque étaient méconnus de leur médecin traitant, précise le Dr Philippe Castera, généraliste et coordonnateur d’Agir 33. L’évaluation de notre expérimentation a conclu à l’efficacité de l’intervention brève : 22 % des patients à risque et 23 % des patients à usage nocif lors du premier repérage sont repassés en dessous du seuil lorsque les médecins les ont revus. L’action a donc été bénéfique pour au moins 135 patients. » Pour le Dr Castera, le RPIB peut être réalisé en routine par des médecins français si un accompagnement et des outils adaptés sont mis en place (modules de formation, mise à disposition de délégués de santé, rencontres entre médecins sur un même territoire...).

L’intervention brève vise en priorité une réduction de la consommation d’alcool.
Les principales étapes :

  • restituer les résultats du test de repérage au patient ;
  • le responsabiliser ;
  • lui donner un conseil de modération ;
  • évoquer avec lui les modifications possibles de sa consommation d’alcool ;
  • user de bienveillance, ne pas juger ;
  • le laisser acteur de son changement et l’encourager.

    DREES, « Le risque d’alcoolisation excessive : des écarts entre les déclarations des patients et l’avis des médecins.
    Études et résultats », n° 405, 2005.
    2. « Alcoolisation excessive et médecine de ville », Tendances n° 47, Observatoire français des drogues et des toxicomanies.
    3. Ile-de-France, Aquitaine, Champagne-Ardenne, Bourgogne, Bretagne.

    Pour en savoir plus :
    Peut-on repérer « en routine » les mésusages d’alcool ? / Philippe Castéra, Frédéric Maurat, Benoît Fleury, Jean-Louis Demeaux - Médecine Vol. 3, N° 7, p. 330-334.

    Les critères de l’OMS

    Le RPIB vise une réduction de la consommation d’alcool au dessous des niveaux de risque définis par l’Organisation mondiale de la santé, soit :
    • pas plus de 21 verres par semaine pour les hommes, pas plus de 14 verres par semaine pour les femmes ;
    • pas plus de 4 verres par occasion ;

    • pas d’alcool dans certaines circonstances (femmes enceintes, conduite, prise de certains médicaments, métiers ou sports dangereux, certaines pathologies...) ;

    • un jour sans alcool par semaine.

    Accueil Moteurs de recherche Contact Infos juridiques Infos administratives Infos médicales Questions fréquentes Infos FMC Annonces Page précédente