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Les réseaux de santé
"Plus que décevants ?"

jeudi 18 mai 2006.

DES DISPOSITIF DISPENDIEUX A L'EFFICACITE TRES LIMITEE

L’inspection générale des affaires sociales (IGAS) a rendu, fin mars, un rapport très critique au ministre de la santé, Xavier Bertrand, sur l’utilisation des fonds alloués aux réseaux de santé. Alors que quelque 500 millions d’euros ont été versés par l’Etat au titre du financement de ces projets pilotes, censés améliorer la prise en charge des patients, l’IGAS juge leurs résultats "plus que décevants", notamment en termes de "service médical rendu aux personnes malades".

Nés dans les années 1980 sur l’initiative de professionnels de santé militants, les réseaux sont des associations de médecins libéraux ou de structures de soins, comme les hôpitaux, qui se coordonnent afin de mieux prendre en charge les malades. Généralement centrés sur certaines pathologies ou types de patients (cancer, diabète, soins palliatifs, périnatalité, personnes âgées...), ils sont financés par le fonds d’aide à la qualité des soins de ville (FAQSV) et la dotation de développement des réseaux (DDR). Depuis leur mise en place, en 1999 et 2002, ces deux fonds ont distribué plus de 100 millions d’euros par an, sans efficacité réelle, selon l’IGAS.

Globalement, le nombre de patients pris en charge par ces structures "est mal évalué mais semble très limité", explique l’inspection. L’implication effective des professionnels de santé dans les réseaux, et singulièrement des médecins généralistes, reste "également très faible".

L’IGAS souligne par ailleurs que, si certains projets de réseaux "ont permis à des personnes malades d’accéder à des prestations supplémentaires utiles", "rares sont ceux où un impact positif a effectivement été démontré sur l’état de santé des personnes prises en charge".

"AGGRAVATION DES INÉGALITÉS"

Selon l’IGAS, pratiquement "aucune preuve tangible" d’amélioration des relations entre professionnels de ville et établissements de santé "n’a été apportée" par les initiatives de réseaux. Au contraire, l’utilisation des crédits publics a "rarement permis l’émergence d’une dynamique de territoire". Pis, les réseaux sont parfois "responsables d’une aggravation des inégalités d’accès territoriales" aux soins, estime l’IGAS.

Malgré ce bilan négatif, l’IGAS ne préconise pas de mettre un terme au financement des réseaux de santé, qui "restent potentiellement intéressants, comme en témoignent les quelques réussites ponctuelles observées".

Pour répondre aux défaillances observées, l’inspection recommande une remise à plat du système de financement en fusionnant les deux fonds et en allouant les subventions sur la base d’un cahier des charges précis. Surtout, elle préconise "un positionnement plus affirmé du ministre" en faveur des réseaux de santé, afin d’inciter plus fortement les professionnels à s’engager dans ce nouveau mode d’organisation des soins.

Cécile Prieur
Le Monde Article paru dans l’édition du 18.05.06
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