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Démographie
Le cri d'alarme du Président de l'Ordre

Newsletter médecins N°14 mardi 8 décembre 2009

Comment allons-nous redorer le blason de la médecine libérale ? Comment allons-nous renouveler les cabinets médicaux ? Comment allons-nous attirer des médecins vers la médecine générale ?

À toutes ces interrogations, le président du Conseil national de l'Ordre des médecins, le Dr Michel Legmann ne voit pas aujourd'hui de solutions convaincantes. Interrogé lors des conférences Économie Santé organisées par le quotidien Les Échos et Le Quotidien du Médecin, le président de l'Ordre a lancé un véritable cri d'alarme. "Pour la première fois, nous sommes passés cette année de 322 médecins actifs pour 100 000 habitants en 2008 à 312 médecins actifs pour 100 000 habitants. Cette baisse de la densité médicale concerne toutes les régions, urbaines et rurales ", a-t-il souligné.

Les chiffres de l'Atlas de la démographie médicale 2009, rendu public par l'Ordre en septembre, montrent clairement ce retournement de situation historique. Sur dix inscriptions au tableau de l'Ordre, une seule l'est actuellement en libéral. " Ne nous le cachons pas : la médecine libérale n'attire plus les jeunes médecins, a affirmé Michel Legmann. De plus en plus de confrères cherchent aujourd'hui à s'installer en exercice salarié.
Un nombre croissant d'entre eux choisit aussi le statut de remplaçant.
On voit même aujourd'hui des médecins de 50 ans qui redeviennent remplaçants après avoir exercer toute leur carrière en libéral ! " La France compte aujourd'hui 10 000 médecins remplaçants, un nombre jamais atteint jusqu'ici.

On le voit : les mesures mises en place jusqu'ici ne sont pas suffisantes.

L'augmentation du numerus clausus, par exemple, n'a pas eu les effets attendus, puisque l'on ne retrouve pas, à la sortie des études, le nombre de médecins que l'on était censé avoir formés.
Une fois thésés, un certain nombre d'étudiants fuient vers d'autres filières plus attirantes, moins contraignantes, avec plus de temps libre.

De son côté, l'Ordre a autorisé l'exercice multi-sites, créé les statuts de collaborateur libéral et de collaborateur salarié. "Nous avons assoupli les règles, mais ce travail n'a pas eu le succès que nous escomptions. Ce n'est pas avec ces mesures que nous allons résoudre les problèmes posés. Le problème est bien plus large, il est véritablement sociétal".
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