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Les dérives thérapeutiques.
Du phénomène de mode aux sectes

Dr Irène Kahn-Bensaude
Présidente de la section Santé publique au Conseil national de l’Ordre des Médecins

La lutte contre les dérives sectaires ne concerne pas directement le Conseil national de l’Ordre des médecins : c’est l’affaire de la Miviludes, et celle-ci s’acquitte fort bien de sa mission.

Néanmoins, si notre institution s’est très tôt intéressée à ce sujet, c’est que la santé constitue depuis toujours un champ d’investigation privilégié pour les gourous en tout genre. Nous avons tous en mémoire des cas où une théorie totalement irrationnelle a abouti à un drame : la mort d’un enfant ou d’un jeune adulte qui, correctement nourri et soigné, aurait dû vivre...

Il arrive qu’un médecin dûment inscrit au Tableau de l’Ordre soit en cause. Ce n’est heureusement pas le cas le plus fréquent, car ceux qui dérivent vers les pratiques non conventionnelles les plus marginales se font en général rayer des listes pour éviter d’être inquiétés par nos instances disciplinaires.

Les « thérapeutes » autoproclamés sont en effet, de très loin, les plus nombreux dans la diffusion de ces théories fumeuses. Reste que l’engouement pour les pratiques médicales dites « alternatives », « orientales », « traditionnelles », « naturelles », etc., loin de diminuer, a tendance à s’infiltrer dans la pratique quotidienne de médecins séduits par des discours faussement rassurants. Avec le risque majeur qu’un jour ou l’autre, des patients atteints d’une affection grave subissent une vraie « perte de chance », parce qu’au lieu de leur faire suivre un traitement scientifiquement éprouvé, ces médecins leur auront prescrit de la poudre de perlimpinpin !

L’Ordre des médecins, la Miviludes, la Direction générale de la santé (DGS) et les assocations de défense contre les sectes ont décidé d’organiser ensemble la prévention contre ces dérives thérapeutiques dangereuses. Les cellules départementales de lutte contre les sectes doivent être réactivées, et nous souhaitons que chaque conseil départemental de l’Ordre désigne un référent capable de traiter ces sujets complexes et délicats.

N’attendons pas qu’il y ait mort d’homme pour nous mobiliser contre de tels agissements. Nous devons empêcher ces drames !

Texte complet : les dérives thérapeutiques [Lire] (pdf)

Plus d'information avec
• Miviludes : La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires [Lien]
• Unadfi : L’Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes [Lien]
• CCMM : Centre contre les manipulations mentales [Lien]
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