Les médecins de plus en plus tentés par la retraite
Source QUOTIMED - Janvier 2006
2 123 praticiens ont cessé leur activité en 2005
La Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf) a enregistré en un an une hausse de 24 % du nombre de départs à la retraite des médecins libéraux. Cette augmentation est supérieure aux prévisions et pourrait, si elle se confirme, précipiter la pénurie attendue dans les prochaines années.
Les derniers chiffres de la Carmf laissent entrevoir un mouvement de départ beaucoup plus précoce que prévu. Dans son bilan sur la démographie médicale de 2004, l'Ordre des médecins tablait sur le départ à la retraite de 1 495 médecins en 2005. Les résultats de la Carmf sont nettement supérieurs à ces projections.
De plus en plus de médecins tentés par la retraite
Lesexperts de la démographie médicale prévoyait un solde démographique négatif entre 2008 et 2015. Les dernières statistiques de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf), que « le Quotidien » s’est procurées, tendent à montrer que le nombre de départs à la retraite des médecins libéraux, pour la seule année 2005, a été sous-évalué.
La situation va être difficile dans les prochaines années.
L’Observatoire national de la démographie des professions de santé (Ondps) prévoit une diminution des effectifs médicaux entre 2008 et 2015, compte tenu, notamment, des départs à la retraite qui ne seront pas remplacés. «Il est essentiel d’envisager de façon urgente les solutions qui permettraient de répondre à cette situation. Pendant cette période, en effet, les modifications du numerus clausus ne pourront avoir aucune incidence du fait de la longueur des études médicales», affirmait l’Ondps dans son rapport 2004.
Le numerus clausus est en effet resté relativement faible, entre 3 500 et 3 750, de 1992 à 1998. «Pour l’ensemble des professions de santé, les carrières ne connaîtront pas la stabilité enregistrée dans la période antérieure. Il existe déjà des évolutions de carrière, des changements d’orientation et des abandons dont on ne prend pas suffisamment la mesure», reconnaissait l’Ondps.
Selon l’Observatoire, l’importance des départs à la retraite prévisibles des médecins se traduirait par «une situation tendue dans les toutes prochaines années». «Jusqu’en 2007, le nombre d’entrées et de sorties est à peu près équivalent; à partir de 2008, jusqu’en 2015, le solde devient négatif de façon croissante.» Ce n’est qu’à partir de 2016 que la tendance pourrait commencer à s’inverser, dans l’hypothèse d’un numerus clausus fixé à 7 000 et d’un âge moyen de départ à la retraite à 64 ans.
Un signal d’alarme.
Le Dr Irène Kahn-Bensaude, présidente de la section santé publique à l’Ordre des médecins, en charge de la démographie médicale, n’est pas étonnée par les chiffres de la Carmf qui traduisent en partie la volonté des médecins de la génération de baby-boomers (nés après la Seconde Guerre mondiale) d’anticiper leur départ en retraite. «Beaucoup de médecins ont envie d’arrêter. Certains parce qu’ils jugent la réforme complexe et n’ont pas envie à 60ans de se mettre dans la tête les codes de la Classification commune des actes médicaux (Ccam). D’autres, parce que leurs conditions de travail sont de moins en moins faciles et les patients de plus en plus exigeants», explique la conseillère du Cnom, qui a elle-même arrêté d’exercer la pédiatrie bien avant 65 ans.
Selon une étude de l’Ordre qui sera prochainement rendue publique, 60 % des 2 500 médecins quadragénaires interrogés évoquent la possibilité d’arrêter leur activité avant 65 ans. Ce phénomène peut être considéré comme un nouveau signal d’alarme pour les années à venir.
Texte complet : http://www.quotimed.com/