Le choix des internes
après les épreuves classantes nationales (ECN)
DEPUIS plus d'une semaine, les 4 311 étudiants reçus aux épreuves classantes nationales (ECN) choisissent leur spécialité d'internat dans un amphithéâtre près de Marne-la-Vallée.
Trois filières sont sinistrées
- La médecine générale.
La médecine générale ne fait pas encore recette cette année. Elle n'a séduit que 394 des 2 500 premiers classés alors que la moitié des postes d'internat (2 400 sur 4 803) sont ouverts dans cette spécialité.
En raison de l'inadéquation entre le nombre de postes disponibles et le nombre de candidats, mais aussi du fait de la désaffection de la discipline par les étudiants, plus de mille postes de médecine générale devraient rester vacants d'ici à la fin de l'amphithéâtre de garnison, le 26 septembre.
« La situation est catastrophique car de très nombreuses villes de la moitié nord du pays, parmi lesquelles Dijon, Nancy, Reims, Strasbourg, Rouen, Amiens ou Tours, vont être en déficit d'internes, explique Matthieu Schuers, président de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale. A Paris, plus de 200 postes ne seront pas pourvus. Cela va forcément avoir des répercussions sur le fonctionnement de nombreux services. »
- La chirugie
« L'accord sur la chirurgie et l'augmentation du nombre de postes dans la spécialité ne l'ont pas rendue plus attractive », constate Raphaël Coursier, secrétaire de l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux (Isnih).
96 postes en chirurgie sur un total de 550 restaient libres mardi soir. Seulement 276 des quelque 1 500 premiers étudiants appelés à se prononcer avaient opté pour cette spécialité. « La dégringolade continue et je trouve triste de voir que, malgré nos travaux, rien n'a changé, explique ce jeune membre du Conseil national de la chirurgie.
Après le choix des 1 000 premiers, il restait encore 28 postes de chirurgie à Paris. Cette situation était inimaginable il y a encore quelques années quand les étudiants se battaient pour décrocher ces postes prestigieux. »
- La psychiatrie
Le récent plan gouvernemental pour redorer le blason de la psychiatrie n'a pas eu l'effet escompté.
Mardi, 143 des 300 postes ouverts dans la discipline n'étaient pas pourvus. « On observe un recul de notre spécialité, concède le Dr Olivier Boitard, président du Comité d'action syndicale pour la psychiatrie (Casp).
Certains événements récents ont sans doute eu des répercussions sur le choix des étudiants et le plan de Santé mentale ne les a pas complètement rassurés. » Selon le praticien, plusieurs paramètres peuvent expliquer le peu d'attrait de la psychiatrie : « Dans le privé, notre spécialité est l'une des moins bien rémunérées et la charge de travail ne cesse de croître. Nous aurons un défi important à relever : motiver les étudiants qui ont choisi la psychiatrie par défaut. »
Source : http://www.quotimed.com/